Comment rester motivé dans le travail autonome?

Comment rester motivé dans le travail autonome?

Je suis heureux d’être un travailleur autonome. Mais comment puis-je être motivé au niveau professionnel sachant que je ne peux compter que sur moi-même pour le demeurer en tout temps, mois après mois, années après années?

En effet, il n’y a pas, dans la pièce d’à côté, un spécialiste en ressources humaines dont le travail est de me garder satisfait et productif. Je suis, pour ainsi dire, laissé à moi-même et personne ne viendra m’interpeler si je perds ma motivation, mon «drive».

Comment éviter ou prévenir la perte de motivation? Comment gérer ces périodes où l’idée même de travailler est une source de stress et d’inconfort? Comment garder mon attention sur la grande image dans les périodes de doutes? Comment rester confiant en mes habilités quand les contrats se font rares? Voilà autant de questions auxquelles il m’a bien fallut répondre après plus de 10 ans à vivre concrètement le travail autonome. Je profite de cet article pour partager mon expérience avec vous.

Ma genèse professionnelle

À 24 ans, je termine l’université. Avec un baccalauréat en administration des affaires sous le bras je déménage à Montréal pour commencer officiellement ma vie adulte. Force m’est d’avouer que le monde du travail ne m’inspire pas. Mon désir profond est d’être artiste. Je ne veux plus faire de concessions. Je demande l’aide social. Grâce à cet apport financier je pourrai me consacrer à mon œuvre sans avoir à penser à l’argent. Vous le constater, à ce point ma motivation à entrer sur le monde du travail est à zéro et je l’assume pleinement.

Commence alors une période de créativité débridée. J’ai tout mon temps et l’inspiration est au rendez-vous. Je peux me consacrer à la bandes-dessinées, la peinture et la musique. J’exulte! Mon rêve se réalise. Ma motivation à créer chaque jour, sans incitatif financier, est à son maximum car je vois la grande image. Je désire laisser une marque durable dans l’histoire de l’humanité et cela est le moteur qui me fait vibrer intensément.

Je constate que cette période fertile fut une grande source d’apprentissage à propos de l’auto-motivation. Alors que plusieurs tombent dans la déprime et perdent le sens de leur vie sans un travail régulier, moi je me sentais complètement structuré et productif. J’étais pauvre financièrement mais je me sentais riche de temps. À vrai dire j’étais un millionnaire, j’avais 24h sur 24, 7 jours sur 7.

Je n’avais aucune bonne raison d’entrer sur le monde du travail. J’avais trouvé le moyen de recevoir assez d’argent chaque mois pour vivre ma vie d’artiste. Que demandé de plus? C’est alors que cette phrase du philosophe jovialiste André Moreau vint me frapper en plein visage: «L’assisté social devient une assisté mental». Ce fut un choc libérateur. Je compris alors que si je continuais ainsi à vivre de l’aide social, sans chercher à trouver par moi-même d’autres sources de revenus j’allais peu à peu devenir un assisté mental. Cela allait compromettre la liberté même que je croyais m’avoir donné en refusant de travailler 8 ans plus tôt. C’est ainsi que je décidai de m’ouvrir au «monde du travail».

Sortir de l’ombre

Je désirai donc commencer à travailler non pas pour l’aspect financier mais pour être libre et indépendant au niveau de mon travail d’artiste et de mon intellect. Quel paradoxe! J’avais d’ailleurs sentis que je commençais à tourner en rond dans mon petit paradis. J’avais frappé un plateau. Il me fallait à tout prix me renouveler et sortir de mon isolement. Je compris qu’offrir par des services les habilités que j’avais développé tout au long de ses années consacrées à mon œuvre allait m’être salutaire. J’entrevoyais que cela amènerait à moi des gens qui m’aideraient à briser mon isolement et me permettraient d’expérimenter de nouvelles options.

Par exemple, j’avais passé des heures à créer mes sites web pour promouvoir mon œuvre. J’avais appris par moi-même comment faire la mise en page de mes livres et les publier en ligne. J’avais mis une grande application à développer mon style dans le dessin, la peindre, la musique et l’écriture. Cela, additionné à mes connaissances en marketing et en administration des affaires, me donnait un avantage compétitif considérable. J’en étais conscient. C’est sur cela que je me suis appuyé pour me lancer en affaires.

En mettant en travail toute les ressources de mon intelligence et de ma créativité dans cette direction j’ai rapidement trouvé mes premiers clients, certains avec qui je collabore encore activement aujourd’hui (Johanne Lazure, Johanne Therrien, Éros et Compagnie).

N’ayant jamais travaillé avant, il était évident pour moi que la seule option qui s’offrait à moi était le travail autonome. Être pigiste convient parfaitement à mon tempérament. Cela je n’en ai jamais douté. Et puisque ma motivation, mon «drive», n’est pas seulement de «gagner de l’argent», j’ai pu passer à travers les périodes difficiles la tête haute. Je n’ai jamais oublié de voir la grande image. Je n’ai jamais oublié que si je fais mon travail de créateur d’image de marque c’est pour demeurer équilibré et faire partie du monde en lui donnant une valeur ajouté… comme je peux le faire dans mon œuvre.

Fort de cette information, vous comprendrez mieux mes réponses aux questions que j’ai formulé au début de cet article.

Comment puis-je être motivé au niveau professionnel sachant que je ne peux compter que sur moi-même pour le demeurer en tout temps, mois après mois, années après années?

J’ai trouvé EN MOI une motivation profonde qui dépasse les petits détails de la vie quotidienne et les incitatifs monétaires. Je travaille pour demeurer bien présent à ma vie humaine et être libre dans ma pensée. Rien ne peut ébranler mon mouvement incessant vers l’avant. En ce sens le fait de ne pas travailler dans ma vingtaine, d’être laissé ainsi à moi-même, fut très formateur. Je trouvé ma motivation EN MOI, voilà mon secret.

Je peux faire ici une analogie avec le bonheur. Si je construits mon bonheur sur des objets extérieurs comme l’amour, les possessions matériels, l’opinion d’autrui, je suis assuré de le perdre à un certain point car je n’ai pas la maitrise de ses objets. Si au contraire je fonde mon bonheur sur mon être profond, sur mes qualités intrinsèques, sur ce que je suis vraiment alors je suis assuré de sa stabilité… même au cœur des plus grandes épreuves.

Comment éviter ou prévenir la perte de motivation?

J’en reviens ici à l’analogie du bonheur. Il m’était relativement facile d’être heureux quand j’étais jeune, je n’avais aucune responsabilité et la vie était facile. En grandissant j’ai subi des épreuves, des échecs, des abandons, des ruptures. Il m’est donc devenu de plus en plus difficile d’être heureux. J’ai alors développé la VOLONTÉ DU BONHEUR. Cette volonté s’exprime par des actions conscientes qui préparent mon bonheur et le maintiennent en place.

J’agis ainsi au niveau de ma motivation. Je la prépare, la maintiens sans cesse à vif à court terme, mais aussi à moyen et à long terme. Je prévois à l’avance les périodes où je pourrai manquer de motivation et je m’assure de ne pas y succomber.

Par exemple, chaque année au mois de mai et juin j’ai une baisse significative de demande. Mes clients partent en vacances et se reposent. Je profite donc du mois de mai pour faire un jeûne hydrique long (entre 30 et 40 jours) pour remettre mon organisme dans un équilibre profond et faire le point. Puis j’en profite pour me ressourcer dans mon domaine. Je parcours le web à la recherche des nouvelles tendances, de connaissances qui me serviront bientôt. Je reviens aussi vers mes projets personnels pour peaufiner des détails et les mettre à jours.

Au lieu de déprimer ou de m’épuiser à chercher désespérément des nouveaux clients, je profite de ces périodes tranquilles pour investir sur moi-même. Comment bien penser à autrui si on ne le fait pas pour soi-même?

Comment gérer ces périodes où l’idée même de travailler est une source de stress et d’inconfort?

La facilité est preuve d’harmonie. Voilà comment je passe à travers ce type de période. Je demeure à l’écoute de mes sentiments et cherche la facilité. Si je n’ai vraiment pas le goût de travailler, si l’inspiration n’est pas au rendez-vous, alors je fais autre chose. Je suis mon propre maître, je n’ai pas à travailler si je n’en ressens pas le désir. Je vais donc faire une sieste, une promenade, je fais l’amour avec ma compagne ou je lis un livre qui me passionne. L’inspiration revient toujours. Ainsi, au lieu de bâcler une tâche ou de l’étirer inutilement j’attends l’inspiration et me remets efficacement au travail au meilleur moment pour offrir un rendement supérieur.

Comment garder mon attention sur la grande image dans les périodes de doutes?

1% de doute amène 100% d’échec. Voilà une pensée qui ne me quitte jamais.

Afin que rien de fantaisiste ne vienne polluer ma pensée, au profit de la raison inconditionnelle, j’ai l’habitude de suivre la méthode de Descartes. Cet exercice de méditation philosophique m’a toujours été d’une aide précieuse.

  1. Ne recevoir aucune chose pour vraie tant que mon esprit ne l’aura clairement et distinctement assimilée préalablement.
  2. Diviser chacune des difficultés afin de mieux les examiner et les résoudre.
  3. Établir un ordre de pensées, en commençant par les objets les plus simples jusqu’aux plus complexes et divers, et ainsi de les retenir toutes et en ordre.
  4. Passer toutes les choses en revue afin de ne rien omettre.

J’utilise aussi la loi de Pareto, le 20/80 : 20% des actions produisent 80% des résultats. Je passe en revu ma vie en me posant ce genre de questions:

  • Quels sont les 20% de mes clients qui m’amène 80% de mes revenus, de ma satisfaction, etc.
  • Quels sont les 20% de mes services qui m’amène 80% de mes revenus, de ma satisfaction, etc.
  • Quel seraient les 20% de changements qui amèneraient 80% de changement dans ma vie, dans la situation, etc

Je note ainsi mes réponses comme des pépites d’or et je remets mes priorités à leur place. Par exemple, il y a quelques années, étant débordé de travail, j’ai déterminé les 20% de mes meilleurs clients. Puis, fort de cette information, j’ai consciemment décidé de les prioriser. En effet, chaque fois je reçois une demande de l’un d’entre eux je la mets dans mes tâches prioritaires. Cela a augmenté considérablement mes revenus et ma satisfaction. Voyant mon efficacité renouvelée, mes meilleurs clients ont ainsi commencé à me faire plus de demandes. Cela a non seulement augmenté mes revenus mais aussi la qualité de ma clientèle.

À l’été 2018, j’ai refait le même processus au niveau de mes services. J’ai ainsi déterminé que la création d’image de marque pour des clients à long terme est ce qui me satisfait le plus en ce moment. J’ai donc décidé de créer Studio Nico afin de mieux présenter ce service spécialisé. Je suis passé à l’action sans douter car, m’ayant posé les bonnes questions, j’ai pu agir avec justesse. Déjà, j’en vois les résultats concrets.

Comment rester confiant en mes habilités quand les contrats se font rares?

La paix intérieure devient ici un atout majeur. Je m’applique alors à me donner du recul pour mieux voir la grande image. Si je panique, je risque de faire plus de dommage à la situation. Par exemple, dans un état de panique généralisé je pourrais accepter des contrats qui me seront peu bénéfiques car je n’aurai pas la lucidité de poser les bonnes questions ou de remarquer les signes d’une mauvaise affaire. Cela m’est arrivé dans le passé et j’ai appris de mes erreurs.

Donc quand les contrats se font rare, je prends une grande respiration et je me plonge dans l’étude de mon domaine pour me ressourcer, trouver des nouvelles idées, de nouveaux services à offrir. Toujours, j’en ressors grandi et meilleur ce qui inévitablement remet en piste ma confiance. Retrouvant ma paix intérieur je suis alors à même de mieux me positionner pour sélectionner les bonne occasions d’affaires qui seront autant bénéfiques pour moi que pour le client.

Pour résumer, garder ma motivation est partie intégrante de mon travail. Pour demeurer motiver j’inclus sans cesse cet élément dans mes réflexions et je pose des actions concrète pour la garder vivante et à jour. Je ne demande pas à autrui de me motiver, je suis mon auto-motivateur et compte bien le demeurer jusqu’à la fin des temps. Puisse cet article vous inspirer à en faire autant.

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